Un livre d’angoisse qui a l’élégance de s’écrire à deux

09.05.2019

A propos de Bora Bora Dream, la lettre émouvante d'un lecteur.

 

D’abord, pourquoi n’aurais-je pas aimé ? Au contraire dans un genre que je fréquente peu, j’ai senti une vraie tension, bien sûr entre le désir gainé (avec et sans jeu de mots) et les apparences totalement impersonnelles entre la chair et ses codes en fonte et crème solaire. Mais ce qui m’a marqué le plus c’est la forme féroce, glaciale, parfois drôle, employée pour raconter à distance la peur panique qui fatalement accompagne l’amour, la jouissance ou la tendresse la plus absolue. Et si le botox avait tout contaminé ? Plus profondément, et si le désir pouvait être une horrible méprise ? C’est le frigidaire qui coince et tue à la fin et bien sûr l’enfantement, ici conçu comme l’égarement suprême, qui bouleverse par la terreur qu’il murmure au moment même où le bonheur vient de reconstruire la suite du monde. C’est un conte qui nous concerne tous, nous piège. Les canines des chats. Au California, on fait du vélo sur place, l’horizon est un grand miroir, pire, parfois un écran où le rythme cardiaque est une opération comptable. Dehors, le temps court de toutes les façons, plus vite. C’est un livre d’angoisse qui a l’élégance de s’écrire à deux dans la grande et magnifique aventure d’un enfant qui vient de naître. Cette terreur est à l’aune de votre amour, de l’amour de la vie, l’ensorcellement des apparences est finalement vaincu par la littérature. Quant au temps, il fait du vélo sans compteur et dans les champs azur des astres et de nos cœurs à tous. Bravo, ce sont mes mots, mes propres angoisses aussi, j’en suis conscient mais c’est que je vous ai lu. Il pleut à Paris. Partout... Je suis heureux de vous avoir lu. 

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